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Point épidémio 2019-vCoV 8 février

Ce qui est établi  au 08/02/2020 

Depuis le 09/01/2020, un nouveau coronavirus (2019-nCoV) a été identifié comme étant la cause des cas groupés de pneumonies en lien avec un marché d’animaux vivants dans la ville de Wuhan signalés à l’OMS depuis le 31/12/2019.

Cette nouvelle espèce de coronavirus est une souche particulière jamais encore identifiée chez l’homme dont on possède très peu d’informations sur sa virulence et les conséquences cliniques à court, moyen et long terme de l’infection quelle engendre.

Ce que l’on constate

Sur les paramètres cinétiques
L’épidémie continue de progresser indépendamment des mesures de confinement en Chine dans un contexte ou le poids de la chine représente 99% de l’ensemble des cas documentés à ce jour.

Cumul des cas
On constate que le nombre de cas confirmé par détection directe du virus suit une courbe initialement d’allure exponentielle dans un contexte où la part relative des cas sévères et des cas mortels continue de décroître.

Variation des incréments (vitesse d’accélération)

Ce qui frappe en premier, c’est la décroissance de l’accélération des cas documentés. On constate que la vitesse de croissance des cas mortels documentés continue sur une accélération bien moindre que celle des cas symptomatiques non sévères. Par contre, l’accélération de la croissance des cas sévères se confirme par rapport au point précédent de la semaine dernière.
Les données du 28/01/2020 semblent résulter d’un artefact de recueil des données plus que d’un comportement réel de l’épidémie.
Dans le même ordre d’idée, le Secrétaire Général de l’OMS a déploré le 4 février dernier que seulement 38% des cas documentés hors de Chine étaient correctement documentés.

Sur les données cliniques
Le taux de reproduction est toujours estimé pour l’instant à 2,2 (10 sujets porteurs du virus contaminent en moyenne 22 autres personnes).
L’incidence actuelle semble toujours se situer à 0,83/100 000 habitants (pour mémoire l’incidence mensuelle de la grippe se situe régulièrement au-dessus de 1000/100 000 habitants en période épidémique).
La durée moyenne de la période d’incubation est estimée à 12 jours.

D’après les informations disponibles la durée d’hospitalisations des cas en France semble être d’une vingtaine de jours.
Pour mémoire, lors d’une épidémie de grippe, la proportion d’hospitalisations avec passage en réanimation et de 10%, la létalité de l’ordre de 6%) et les durées moyennes de séjour se situent autour de 8,6 jours.

Sur le cas particulier des soignants
En chine, le taux de soignants hospitalisé en raison d’une contamination professionnelle atteint 6%.

Sur l’impact socio-économique
Des tensions sur l’approvisionnement en masque FFP1 apparaissent en raison d’une demande non régulée par certaines autorités sanitaires nationales concernées et l’absence de posture concertée ou partagée à niveau international.

Ce qui reste en suspend
• On ne sait toujours pas si le taux de reproduction, le pourcentage de cas symptomatique, de cas sévère et de cas mortel est homogène ou pas selon les régions du monde ou selon le mode de contamination (primaire, secondaire o tertiaire).
• La durée de la convalescence reste non documentée à ce jour.
• Le début de la phase d’excrétion virale contaminante à la phase asymptomatique et au-delà de la phase clinique, pendant la convalescence n’est toujours pas établie.
• La charge virale seuil prédictive d’une symptomatologie grave n’a pas été identifiée si elle existe.
• La charge virale dans les excrétas pouvant être responsable d’une contamination chez les patients asymptomatique n’a pas été déterminée à ce jour.
• On ne sait pas expliquer les raisons du taux élevé de soignants contaminés par leurs patients (problèmes d’efficacité des équipements de protection individuels, de respects des consignes de prévention et de protection, mode de contamination exotique, effet propre de la répétition de l’exposition vs charge virale, …).
• On n’a pas de projection de l’impact du taux d’absentéisme des soignants sur les capacités de établissements à faire face à une Situation Sanitaire Exceptionnelle si elle devait se développer sur le territoire national
• On n’a pas de projection sur l’impact des mesures de santé publiques d’une part, sur l’absentéisme lié à l’épidémie d’autre part sur les besoins en matériels de protection, en consommable, en dispositifs médicaux et en médicaments
• On n’a pas de projection sur l’impact des mesures de santé publiques d’une part, sur l’absentéisme lié à l’épidémie d’autre part sur les contraintes logistiques liées à l’approvisionnement dans un contexte où les fournisseurs sont majoritairement chinois
• On ne sait pas si l’usage généralisé du port du masque tel qu’il apparaît au niveau des populations a un réel impact sur la propagation du virus

Dr Jan-Cedric Hansen

Pour en savoir plus
https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infectionsrespiratoires/infection-a-coronavirus/articles/cas-de-pneumonies-associees-a-un-nouveaucoronavirus-2019-ncov-a-wuhan-en-chine https://www.ecdc.europa.eu/en/novel-coronavirus-china https://ec.europa.eu/health/coronavirus_en https://ec.europa.eu/health/sites/health/files/preparedness_response/docs/ev_20200131_ sr_en.pdf https://glohsa.com https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-nCoV/summary.html https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/situation-reports/